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L’ouverture de l’Institution Kiuna a été la concrétisation d’un travail de longue haleine animé par un seul rêve : offrir aux étudiants autochtones un collège conçu expressément pour eux, un cadre d’enseignement et un milieu de vie qui tiennent compte de leurs particularités culturelles, de leur contexte social et de leurs intérêts. L’objectif de Kiuna est simple : outiller cette génération pour qu’elle puisse relever ses défis sur le plan personnel, communautaire et national.

Pour y parvenir, Kiuna incarne les valeurs qui constituent les fondements de son approche éducative : la valorisation de l’identité autochtone, l’innovation, l’ouverture d’esprit et l’excellence. Il s’agit d’une approche ambitieuse qui, pour réussir, doit jouir d’un appui indéfectible de la part des enseignants et des autres professionnels du collège, qui sont appelés à faire rayonner ces valeurs dans leur quotidien à Kiuna et à donner au collège son ton et sa couleur, et ce, depuis l’arrivée de la première cohorte. Le CEPN a aussi de nombreuses attentes envers le personnel du collège, sur le plan de l’engagement, des aptitudes et des attitudes.

L’ouverture d’esprit est une de ces attitudes. Le collège se veut dynamique et innovant, tout en étant enraciné dans les cultures autochtones. Si le contexte socioculturel peut constituer un défi pour les professionnels allochtones qui ne connaissent pas bien la culture et la réalité des Premières Nations, il ne s’agit pas du seul défi auquel est confronté le personnel. Pour atteindre ses objectifs, le collège, et son personnel, doit sortir du cadre et explorer de nouveaux sentiers. Cela peut signifier diviser et réaménager le temps de classe pour mettre les étudiants en situations d’apprentissage et multiplier les rencontres et les interactions avec des acteurs clés des Premières Nations.

Le collège se veut un lieu de débat et de réflexion. Sur le monde, bien sûr, mais avant tout sur les Premières Nations, et cela dans tous les domaines : l’éducation, la santé, l’histoire, la politique, les arts et la littérature. L’équipe doit amener les étudiants à réfléchir sur leur situation individuelle et collective au-delà de l’image pernicieuse alimentée par les médias et la société dominante ou le cercle restreint de leur communauté. Comparer des situations, confronter des théories provenant de penseurs autochtones du monde, réfléchir sur les possibilités d’un monde à construire, voilà différents moyens de stimuler l’esprit critique des étudiants. Une autre façon d’élargir leur horizon est de sortir de la classe pour assister à des manifestations culturelles, sociales ou politiques : un forum sur l’avenir économique des Premières Nations, un rassemblement de femmes autochtones, une nouvelle pièce de théâtre d’Ondinnok, etc. Pour tout ce qui touche au collège, la participation des ressources humaines des communautés autochtones doit être valorisée et priorisée.

Avoir un collège pour les Premières Nations signifie aussi repenser entièrement le contenu des cours, non seulement pour y inclure des exemples adaptés à la situation autochtone, mais aussi pour mettre en valeur les théories et les concepts autochtones dans leurs détails et leurs nuances, au-delà des banalités insipides que l’on entend trop souvent sur les peuples autochtones. Pour ce faire, il faut mettre de côté l’isolationnisme du milieu éducatif, où chaque enseignant travaille en solitaire dans son champ d’expertise. À Kiuna, nous croyons qu’une démarche collective d’équipe doit s’imposer dans la construction du contenu des cours et le partage de la matière; dans la planification et l’évaluation d’activités et de projets conjoints englobant différentes disciplines et dans l’animation du milieu de vie que constitue le collège. Kiuna accompagne les enseignants et partage avec eux sa vigilance en matière de contenu et de façons de faire. Néanmoins, le personnel doit faire preuve d’un véritable leadership et d’une capacité de travailler en équipe.

Le collège est doté des plus récentes technologies d’apprentissage et de communication. La distance n’est plus un obstacle à l’accès aux ressources intellectuelles et culturelles. À même la classe, la visioconférence donne accès, en quelques clics, à des invités des quatre coins du monde : une artiste gitxsan de Vancouver, un auteur cri de Toronto, une spécialiste maorie des méthodologies en direct de la Nouvelle-Zélande. Les possibilités ne sont limitées que par le dynamisme et les connaissances du corps professoral. Il est donc primordial que les enseignants utilisent et renouvellent continuellement leur réseau de contacts dans le monde autochtone, particulièrement dans leur discipline.

Évidemment, l’adaptation du contenu et du cadre aux réalités des Premières Nations n’est pas une raison pour réduire les attentes envers les étudiants, bien au contraire. L’excellence est promue en tout temps, à l’intérieur comme à l’extérieur de la classe. Le dépassement de soi, l’engagement social et la maîtrise des concepts et des outils intellectuels doivent être les balises pour former les leaders de demain.

Si vous croyez avoir les aptitudes, les connaissances et le dynamisme nécessaires pour relever un tel défi, nous vous invitons à soumettre votre candidature comme membre du personnel de Kiuna.